Responsable : Marielle Montginoul (G-EAU-INRAE)
Co-responsables : Olivier Barreteau (G-EAU-INRAE), Noémie Neverre (G-EAU-BRGM)

Partenaires impliqué.es:

  • G-EAU: Olivier Barreteau (INRAE), Walid Guenbib (INRAE), Marielle Montginoul (INRAE), Noémie Neverre (BRGM), Sophie Richard (AgroParisTech)
  • HSM: Véronique Léonardi (HSM-UM)
  • SMBS: Marjolaine Puddu, Laurent Rhodet, Christelle Tentorini
  • Étudiants de Master impliqués:

- stagiaires : Elise Bontemps (M2, INRAE, 2024), Achille Fouché        (M1, INRAE, 2025), Candice Lescop (M2, SMBS-INRAE, 2026) 

- dans le cadre d'un projet interdisciplinaire: (M2, Eau et Société, 2025-2026): Joan Batsotsi, Elio Bottagisio, Augustin Dagbetin, Fatih Frederick, Théau Houssaye, Elisa Juszczak, Raphael La Neelle, Candice Lescop, Jamiilah Ngougoure Ngapout, Clarisse Van Den Bossche.​

OBJECTIFS

5.1 Fournir un support pour une gestion collaborative de long terme impliquant les parties prenantes  (acteurs institutionnels, gestionnaires des infrastructures liées à l'eau, usagers de la ressource en eau et des territoires) et la communauté scientifique.

5.2 Fournir des rendus concernant les enseignements scientifiques du projet aux parties prenantes dans des formats qui leur permettent de mieux décider.

5.3 Identifier les chemins et les outils de gestion qui aident les parties prenantes à gérer durablement la ressource en eau quantitativement et qualitativement.

Mode de gouvernance d’un territoire hydrogéologique
karstique en période de changements globaux
Une analyse cognitive de l’action publique, ses possibilités et ses contraintes


Elise BONTEMPS 
Encadrants: Olivier Barreteau, Marielle Montginoul, Noémie Neverre, Geoffrey Carrère

Contexte Général

Cette recherche s’inscrit dans un contexte de changements globaux qui affectent profondément la ressource en eau, en particulier dans les hydrosystèmes karstiques caractérisés par leur forte vulnérabilité, leur variabilité et leur complexité de fonctionnement.

Le bassin hydrogéologique du Lez, qui alimente notamment la métropole de Montpellier en eau potable, illustre ces tensions croissantes entre disponibilité de la ressource, augmentation des usages et incertitudes climatiques. Par ailleurs, la gestion de l’eau en France repose historiquement sur des découpages territoriaux et administratifs qui ne correspondent pas toujours aux réalités hydrogéologiques, ce qui pose des difficultés spécifiques pour la gouvernance des eaux souterraines.

Dans ce contexte, l’eau apparaît comme un bien commun dont la gestion soulève des enjeux à la fois environnementaux, sociaux et politiques.

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Hydrosystème WP5

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Objectif principal​​

L’objectif de ce mémoire est d’analyser le mode de gouvernance de la ressource en eau issue du bassin hydrogéologique du Lez (BHL), afin de comprendre les logiques qui structurent l’action publique, les contraintes qui pèsent sur les acteurs et leurs capacités d’adaptation face aux changements globaux. Il s’agit également d’identifier dans quelle mesure ces acteurs sont en mesure de faire évoluer les modalités de gestion existantes, notamment à travers des dynamiques de collaboration, et de déterminer les conditions nécessaires à une gestion plus durable et équitable de la ressource.

Approche méthodologique

L’étude adopte une approche de sociologie cognitive de l’action publique, qui permet d’analyser les politiques publiques à travers les représentations, les référentiels et les cadres d’interprétation mobilisés par les acteurs.

Elle repose sur une enquête qualitative combinant des entretiens semi-directifs auprès d’une diversité d’acteurs du socio-hydrosystème (gestionnaires, institutions, élus, usagers), une analyse documentaire approfondie ainsi qu’une mise en perspective comparative avec d’autres terrains karstiques.

La méthodologie inclut également un travail de cartographie des acteurs et de leurs interactions, afin de saisir la structuration du système de gouvernance, ses échelles d’action et les relations de pouvoir qui s’y déploient.

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Structure WP5

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Résultats essentiels et contributions

L’analyse met en évidence une gouvernance de type polycentrique, caractérisée par une pluralité d’acteurs et d’échelles d’intervention, mais aussi par une forte fragmentation institutionnelle. Le bassin hydrogéologique du Lez apparaît comme un territoire peu reconnu en tant que tel dans les dispositifs de gestion, ce qui conduit à un décalage entre le fonctionnement hydrologique du système et son encadrement administratif. Cette situation engendre une gouvernance diffuse, dans laquelle les responsabilités sont dispersées et où les acteurs doivent composer avec des frontières administratives inadaptées. Malgré cela, des formes de coordination émergent, reposant sur des réseaux d’acteurs, des échanges informels ou des dispositifs contractuels, qui témoignent d’une capacité d’adaptation et d’innovation, mais restent limitées par des instabilités institutionnelles et un manque de structuration globale.

Par ailleurs, le travail met en lumière le rôle central d’un référentiel historique d’exploitation de la ressource, orienté principalement vers la satisfaction des besoins en eau potable. Ce référentiel structure les politiques publiques, les instruments d’action et la distribution des droits d’usage, tout en renforçant une dépendance à des choix passés qui limite les possibilités de transformation. Il tend à reléguer au second plan les enjeux de préservation des écosystèmes et les autres usages de l’eau, et contribue à maintenir des rapports de pouvoir asymétriques entre acteurs. Face à ce cadre dominant, certains acteurs développent des stratégies de contournement ou d’adaptation discrète, sans pour autant remettre en cause les fondements du système.

Enfin, les changements globaux, bien que largement identifiés par les acteurs, peinent à être pleinement intégrés dans l’action publique, qui reste majoritairement réactive et inscrite dans des temporalités de court terme. Cette difficulté à anticiper et à planifier sur le long terme limite la capacité du système à s’adapter de manière durable. À partir de ces constats, le mémoire propose de reconsidérer le bassin hydrogéologique comme un territoire pertinent de gouvernance, en le pensant comme un écosystème à protéger plutôt que comme une simple ressource à exploiter. Il souligne également la nécessité de renforcer les dynamiques de coopération entre acteurs et de mieux intégrer les enjeux de durabilité et d’équité dans les politiques publiques.

Plus largement, cette recherche contribue à une réflexion sur les conditions de transformation de l’action publique dans la gestion des ressources communes, en mettant en évidence l’importance des cadres cognitifs et des rapports de pouvoir dans les processus de changement.

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Présentation des services publics d'eau potable et d'assainissement en lien avec le territoire d'étude. Réalisation Elise Bontemps
Étude des déterminants de la consommation en eau potable
à l'échelle communale

 
Walid Guenbib 
Marielle Montginoul, Noémie Neverre

Contexte Général

Dans les régions méditerranéennes, les systèmes d’approvisionnement en eau potable sont de plus en plus soumis à des pressions liées au changement climatique, aux sécheresses récurrentes et à la croissance démographique. Comprendre les déterminants de la demande en eau est essentiel pour concevoir des politiques efficaces de gestion de la demande. Les études précédentes se sont principalement concentrées sur les effets des prix, tandis que moins d’attention a été accordée aux mesures non tarifaires telles que les restrictions d’usage de l’eau en période de sécheresse et l’accès à des sources d’eau alternatives (par exemple les forages privés).

Le site étudié est l’aquifère du Lez dans le sud de la France, principale ressource en eau potable de la métropole de Montpellier. 

​Objectif principal​​

Cette étude vise à identifier les principaux déterminants de la consommation d’eau potable au niveau communal et à évaluer le rôle relatif des instruments tarifaires, des restrictions réglementaires liées à la sécheresse, des conditions climatiques, des caractéristiques socio-économiques et de l’accès à des ressources en eau alternatives.

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Approche méthodologique​

Ensemble de données : Données pour 76 communes du département de l'Hérault (Sud de la France) couvrant la période 2009-2023.

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Image 2 Walid 

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Variables principales :

  • Prix moyen de l’eau et structure tarifaire
  • Niveaux de restrictions liés à la sécheresse (arrêté sécheresse)
  • Variables climatiques (nombre de jours de chaleur extrême, jours de pluie en été)
  • Indicateurs socio-économiques (revenu, taille des ménages, emploi)
  • Caractéristiques du logement (maisons individuelles, résidences secondaires)
  • Coût espéré des forages privés (proxy de l’accès à une source d’eau alternative)

Analyse économétrique : utilise un modèle Within–Between Random Effects (WBRE), permettant de distinguer les variations de court terme au sein des communes et les différences structurelles de long terme entre les communes.

Résultats essentiels 

Effets de court terme (au sein des communes) :
•    Une augmentation du prix de l’eau réduit la consommation.
•    Des restrictions sévères (crise) liées à la sécheresse diminuent significativement l’usage de l’eau.
•    Les épisodes de forte chaleur augmentent la consommation d’eau.


Différences structurelles de long terme (entre les communes) :
•    Niveau moyen des prix de l’eau
•    Niveau de revenu
•    Part des résidences secondaires et pression touristique
•    Niveau d’activité économique locale

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Image 3 Walid 

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​Contributions
  • Met à jour les connaissances empiriques sur la demande en eau municipale dans les regions méditerranéennes
  • Distingue les réponses comportementales de court terme des différences structurelles de long terme
  • Met en évidence l’importance des mesures non tarifaires, telles que les restrictions liées à la sécheresse, dans la gestion de la demande en eau
  • Fournit des recommandations pour améliorer les politiques de gestion durable de la demande en eau.
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Image 4 Walid 

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Enquête sociologique sur les représentations et usages de l’eau sur le territoire de l’Impluvium de la Fontaine du Vaucluse 

Joan BATSOTSI, Elio BOTTAGISIO, Augustin DAGBETIN, Fatih FREDERICK, Théau HOUSSAYE, Elisa JUSZCZAK, Raphael LA NEELLE, Candice LESCOP, NGOUGOURE NGAPOUT Jamiilah, Clarisse VAN DEN BOSSCHE ib 

Encadrants: Marielle Montginoul, Véronique Léonardi, Marjolaine Puddu, Sophie Richard

Contexte Général

Le plateau d’Albion et la vallée d’Apt appartiennent à un système hydrogéologique karstique connecté à la résurgence de Fontaine-de-Vaucluse. Sur le plateau, les paysages sont marqués par l’absence de cours d’eau de surface : l’eau de pluie s’infiltre rapidement dans les sols karstiques et circule en profondeur avant de rejoindre la Fontaine-de-Vaucluse, alimentant ensuite le bassin des Sorgues. Ainsi, les activités et usages de l’eau sur le plateau d’Albion et dans le synclinal d’Apt peuvent avoir des répercussions directes sur cette ressource en aval.

Dans ce contexte, le Syndicat Mixte du Bassin des Sorgues (SMBS) mène une étude sur cette ressource stratégique et souhaite mieux comprendre les territoires amont auxquels il est hydrologiquement relié. L’enquête sociologique présentée ici s’inscrit dans cette démarche.  Elle porte principalement sur les représentations et les usages de l’eau chez les habitant·e·s sur le territoire de l'impluvium de Fontaine de Vaucluse et du synclinal d’Apt.

Le territoire étudié se caractérise par un climat méditerranéen avec des étés chauds et secs et des épisodes pluvieux parfois intenses. Sur le plan socio-économique, la zone présente des contrastes marqués : le plateau d’Albion est faiblement peuplé et dominé par des systèmes agricoles peu irrigués (lavande, petit épeautre, élevage), tandis que la vallée d’Apt concentre une population plus importante et des activités agricoles et agro-industrielles plus consommatrices en eau. Les deux territoires connaissent par ailleurs une forte fréquentation touristique estivale, qui accentue les pressions sur la ressource.

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espace K3

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Objectif principal​​

L'objectif de cette étude est d’identifier et d’analyser les représentations sociales de l’eau ainsi que les usages qui y sont associés sur ces territoires. Elle vise notamment à comprendre comment les habitants perçoivent la présence — souvent invisible — de l’eau, comment ils vivent les situations de rareté et quelles connaissances ils possèdent des eaux souterraines et du fonctionnement hydrologique local. L’étude cherche également à explorer les pratiques liées à l’eau, les éventuelles évolutions de ces pratiques et les perceptions de la gouvernance de la ressource.

Approche méthodologique

L’enquête repose sur une méthodologie mixte en sciences sociales, combinant plusieurs outils qualitatifs et quantitatifs afin de croiser les points de vue et les types de données.

Un questionnaire en ligne a permis de recueillir 181 réponses et d’explorer les perceptions générales de l’eau, les connaissances liées aux milieux karstiques ou encore les priorités attribuées aux différents usages de la ressource en situation de sécheresse. En complément, 54 entretiens semi-directifs ont été menés auprès d’habitants, d’agriculteurs et d’acteurs du tourisme afin d’approfondir les expériences et les représentations individuelles de l’eau. Enfin, trois ateliers participatifs ont été organisés afin d’explorer le rapport sensoriel au territoire et de produire des cartographies participatives.

Les données qualitatives issues des entretiens et des ateliers ont été analysées par un encodage thématique, tandis que les données quantitatives ont fait l’objet d’analyses statistiques (tris à plat, tris croisés, tests Khi² et analyse des correspondances multiples).

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Résultats essentiels et contributions


•    Synthèse des résultats quantitatifs 

L’analyse quantitative met en évidence des enquêté·es conscient·es de vivre sur un territoire sec et qui est déjà affecté par les changements climatiques. Cette conscience s’accompagne de pratiques individuelles de réduction de la consommation d’eau très répandues et d’une vision plutôt inquiète de la sécurité hydrique dans le futur. Ielles connaissent globalement bien leur territoire et la gestion de l’eau, mais restent peu familiers de la notion de karst. La majorité accepterait les restrictions en cas de sécheresse et exprime un désir de concertation dans la gouvernance de l’eau, sans que l’on puisse toutefois mesurer l’ampleur réelle de cette implication au‑delà des déclarations.


•    Synthèse des entretiens qualitatifs

L’ensemble des enquêté·es semblent conscients de la rareté de la ressource en eau et des pratiques individuelles d’économies d’eau en découlent. Ce phénomène s’avère être par ailleurs légèrement plus marqué sur le plateau. L’impact du dérèglement climatique est surtout observé à travers l’intensification des pluies et des températures. Sur le plateau, il se perçoit plus concrètement à travers l’évolution de la flore et la diminution de la quantité de neige. Dans la vallée d’Apt, c’est l’assèchement du Calavon qui semble le plus se noter. Les discours sur la qualité de l’eau sont partagés entre crainte de pollution et de perception positive. Le niveau de connaissances des eaux souterraines et du système karstique est hétérogène et semble plus développé chez les agriculteur.ices. Sur le plateau, ces connaissances se matérialisent surtout par la notion d’infiltration rapide de l’eau de pluie sur le calcaire. Les enquêté·es sont aussi majoritairement informé.es du rôle de la Durance pour sécuriser la ressource. Cette dernière procure ainsi un sentiment de sécurité et plusieurs interrogé·es lui reconnaissent un rôle dans le développement économique et territorial. Outre cette connaissance sur l’approvisionnement en eau, on observe à l’inverse une compréhension très modérée voire faible de l’organisation de la gouvernance de l’eau, ainsi qu’une faible implication citoyenne.3 ateliers participatifs réalisés (Banon, Sault, Apt)


•    Synthèse des ateliers participatifs

Sur les trois territoires, l’eau est à chaque fois décrite par son caractère extrême : d’un côté l’absence d’eau se traduit par des sécheresses estivales, des problématiques d’accès à l’eau en quantité suffisante et s’observe dans l’assèchement global du végétal. A l’inverse, les phénomènes d’inondations et dans une moindre mesure de fortes pluies marquent tout autant les esprits. Pour autant, bien que portant un caractère extrême, les participants décrivent une relation positive à l’eau. Les lieux aquatiques sont toujours décrits comme une source de bien-être et constituent des lieux-repères producteurs de mémoire collective et réunissant des personnes d’horizons sociaux très différents. Ces espaces contribuent ainsi à développer un attachement au territoire. Enfin, ce même élément devient source de tension dès lors qu’on l’aborde en sa qualité de ressource. La gestion quantitative et qualitative de l’eau ouvre de vifs débats, notamment au sujet des usages privés, des pollutions, ou encore du niveau d’implication citoyenne. 


​Dans l’ensemble, l’étude met ainsi en évidence un territoire marqué par une forte sensibilité à la question de l’eau, mais aussi par un décalage entre les pratiques et perceptions locales, la compréhension du fonctionnement hydrologique et la connaissance des dispositifs de gouvernance. Ces résultats contribuent à mieux appréhender les relations entre sociétés et ressources en eau dans les territoires karstiques et peuvent alimenter les réflexions sur des formes de gestion plus participatives et adaptées aux contextes locaux.

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Nuage de mots / Résultats WP5 

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